L'ILLUSION DU BAS-MONDE
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim

L'ILLUSION DU BAS-MONDE

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n'est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l'élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu'il craint pour elle soient accordées à notre maître Mouhammad Al-'Amin, l'Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l'islam la religion de tous les Prophètes du premier 'Adam au dernier Mouhammad.


Allah ta^ala dit dans le Qour'an honoré :

{ وَاضْرِبْ لَهُم مَّثَلًا رَّجُلَيْنِ جَعَلْنَا لِأَحَدِهِمَا جَنَّتَيْنِ مِنْ أَعْنَابٍ وَحَفَفْنَاهُمَا بِنَخْلٍ وَجَعَلْنَا بَيْنَهُمَا زَرْعًا }

(wa drib lahoum mathalan rajoulayni ja^alna li’ahadihima jannatayni min ‘a^nabin wa hafafnahouma binakhlin wa ja^alna baynahouma zar^a)

ce qui signifie : « Donne-leur pour exemple deux hommes à qui Nous avons accordé à chacun, deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers et entres lesquels Nous avons mis des champs cultivés » [sourat Al-Kahf / 32].

Allah ta^ala a donné dans le Qour'an honoré beaucoup d'exemples et de leçons afin que certaines sagesses soient manifestées aux gens concernant leurs situations, leurs actes et les conséquences de leurs agissements.

Il y a parmi ces exemples un récit sur deux hommes qui a été rapporté dans sourat Al-Kahf. L'un des deux était un croyant pieux et l'autre était un non croyant riche et sinistre. Allah ta^ala a manifesté Sa justice et nous a rapportés ce qui leur est arrivé afin que les gens ne se laissent pas méprendre par le bas-monde et qu'ils n'oublient pas l'au-delà.

Il y avait parmi les fils de ‘Isra'il deux frères, l'un des deux était musulman croyant, il était bon, aimait le bien et multipliait les actes de charité. Quant à l'autre c'était un idolâtre, il était non croyant et reniait l'Islam, il était cupide, avare et d'un tempérament agressif.

Lorsque leur père mourut, ils se partagèrent ses biens. Chacun des deux dépensa sa part d’héritage dans ce qui correspondait à sa nature et en fonction de ce qu'il aimait.

Le frère qui était croyant acheta des esclaves pour mille dinars afin de les affranchir, il leur donna la liberté par recherche de l'agrément de Allah ta^ala. Puis, il acheta des habits pour mille dinars afin d’en vêtir les pauvres qui étaient mal habillés pour l'agrément de Allah ^azza wa jall. Il acheta avec un troisième millier de dinars de la nourriture qu'il distribua aux affamés. Il construisit des mosquées, multiplia les actes de bien et accomplit de nombreux actes de générosité. Il aida tous ceux qu'il pouvait aider au point qu’il dépensa tout son argent ; mais il était heureux par ce qu'il avait fait, il recherchait les récompenses et la miséricorde de la part de Allah ^azza wa jall.

Quant à l'autre frère qui était mécréant, dès qu'il fut en possession de sa part de biens, il l'enferma et en priva les pauvres et les mendiants. Il insultait tous ceux qui lui demandaient de l'aide, il avait définitivement bouché ses oreilles aux plaintes des nécessiteux et fermait les yeux pour ne pas voir les enfants affamés. Il épousa des femmes riches, acheta des vaches et des moutons qui se reproduisirent et qui atteignirent un très grand nombre. Il s'était consacré au commerce avec le restant de ses biens et avait gagné beaucoup jusqu'à surpasser les gens de son époque en richesse. Il s'était alors fait faire deux vignobles extrêmement étendus. Ces vignes étaient verdoyantes et donnaient beaucoup de fruits. Il entoura chacun de ces deux jardins de palmiers. Ensuite, il multiplia les variétés de plantes, il planta différentes sortes de légumes, de fruits au point de ne manquer de rien. Les arbres étaient serrés les uns aux autres et n’étaient séparés que par une rivière qui coulait à travers ses jardins et à partir de laquelle il irriguait les plantes de son eau douce. Ses jardins se distinguaient par leur belle apparence, par le bel ordre qui y régnait, par les chemins que ce non croyant avait tracés pour se promener et profiter de ce beau paysage.

Tout ce qu'il devait faire, c'était de croire en Allah Qui lui avait accordé tous ces bienfaits et Qui lui avait accordé tout cela par Sa grâce. C'était de Le remercier, de se soumettre à Lui et de le louer. Mais, il y a des gens que leur richesse entraîne dans l'égarement et qui font que celle-ci leur donne de l'orgueil. C'est ainsi que ce frère qui était non croyant n'a augmenté qu'en mécréance et en tyrannie.

Le frère qui était croyant avait été éprouvé et il était tombé dans le besoin. Il voulait travailler en tant que salarié pour pouvoir se nourrir. Il s’est dit : « Si je pars chez mon frère pour travailler chez lui, il ne m'en empêchera pas ». Il se rendit chez lui mais ne put parvenir à lui qu'après avoir traversé beaucoup de portes. Lorsqu'il arriva jusqu'à lui, il lui fit part de son besoin.

Le frère qui était mécréant lui a dit : « N'avons nous pas partagé en parts égales les biens de notre père ? Qu'as-tu fait de ses biens ? ». Le croyant lui a répondu : « Je l'ai donné en aumônes par recherche de l'agrément de Allah ta^ala en espérant la grande récompense ». Alors, le frère non croyant lui a dit pour se moquer : « Alors tu fais partie de ceux qui donnent des aumônes ? Mais je ne vois que quelqu'un de stupide qui a perdu tout ses biens ». Que Allah nous préserve de pareilles paroles de mécréance.

Puis, il lui a dit : « Ta récompense pour ta stupidité, ce n'est que la privation. Regarde ce que j'ai fait avec mes biens jusqu'à avoir une fortune et la belle situation que tu vois. Et tout cela parce que moi, j'ai travaillé et toi, tu as fais preuve de stupidité ; moi j'ai plus de biens que toi ». Puis, il a pris la main de son frère qui était croyant pour lui montrer ce qu'il possédait et il fit preuve ainsi d'orgueil et de mécréance. Il renia la résurrection, l'anéantissement de sa maison, de ses plantes et de ses jardins. Ceci en raison de son intelligence réduite, de sa non croyance en Allah et parce qu'il était épris par la vie de ce bas monde et par ses attraits et à cause de sa mécréance en l'au-delà.

Puis, il a dit : « S'il y a une résurrection et un jour du Jugement comme tu le prétends, je ne perdrais rien parce que tout comme Allah m'a accordé ce bienfait dans le bas monde, Il me donnera encore mieux dans l'au-delà parce que je suis honoré selon Son jugement ». Son frère l’exhorta, il le mit en garde contre la mécréance en Allah, Allah Qui l'a créé à partir de terre, Qui a fait de lui un homme bien formé, Qui le fera mourir et lui demandera des comptes. Il l’informa que pour sa part il croyait en Allah, Lui seul Celui Qui n'a pas d'associé, Qui n'a pas de semblable, Qui n'a pas de ressemblant, Qui est sans endroit, le Créateur de toute chose et il lui dit : « Ce que tu me reproches comme pauvreté sera ton châtiment, j'espère que Allah m'accordera dans l'au-delà un Paradis meilleur que tes jardins qui seront anéantis. Tu n'as pas de garantie que tes jardins ne subiront pas les tempêtes, que les vents ne les détruiront pas et qu'ils ne deviendront pas que des feuilles sèches volant par-ci et par-là ni que cette eau douce soit engloutie par la terre. Comment pourras-tu la ramener ? Qui te soutiendra si Allah veut faire de toi quelqu’un de pauvre ? ».

Lorsque Yahoudha vit que son frère non croyant insistait encore sur sa mécréance et sa tyrannie en passant entre ses fleurs et ses arbres, il le laissa et il partit. La nuit venue, il se produisit ce que le frère qui était croyant avait dit. Allah ta^ala lui envoya une pluie déferlantes, de nombreuses tempêtes et la foudre qui brûlèrent les jardins et qui détruisirent les arbres et les plantes. La terre engloutit l'eau de la rivière qui se retrouva asséchée, le terrain devint médiocre, dépourvu de plantes et d'arbres, il était rempli de boue et personne ne pouvait plus marcher dessus. Lorsque le mécréant se leva au matin, il partit voir ses jardins, pour se promener comme à son habitude et rester à l'ombre des vignes. Lorsqu'il vit ce qui s'était produit, sa gorge devint sèche et il se mit à frapper des mains en signes de regret et de chagrin. Il regretta ses propos qui avaient fait de lui un non croyant, il regretta son reniement de la résurrection et dit : « Ah si jamais je n'avais pas attribué d'associé à mon Dieu ». Ses compagnons dans le mal l’abandonnèrent aussitôt, dès lors qu’il était devenu pauvre, tous ceux qui l'avaient aidé dans sa mécréance et dans son orgueil. Il se retrouva seul, sans personne pour l'aider.

Allah ta^ala dit :

{ ولم تكن له فئة ينصرونه من دون الله وما كان منتصرًا }

(wa lam takoun lahou fi’atoun yansourounahou min douni l-Lahi wa ma kana mountasira)

ce qui signifie : « Il n'avait personne pour le soutenir ni pour le protéger du châtiment de Allah et ne pouvait se secourir lui-même » [sourat Al-Kahf / 43].


Nous demandons à Allah qu'Il nous accorde les effets bénéfiques de ce bas-monde et qu'Il fasse que nous mourrions en ayant la foi accomplie.



La louange est à Allah, le Créateur du monde.


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